Taux d’intérêts et crédits hypothécaires en 2026 : à quoi s’attendre ?

Femme heureuse utilisant un smartphone près de la fenêtre

En Belgique comme dans les autres pays de la zone euro, les taux d’intérêt sont liés aux taux d’intérêt directeurs de la Banque centrale européenne (BCE), particulièrement le « taux de refinancement BCE ». Ce taux est celui auquel les banques commerciales empruntent leurs liquidités à la BCE pour pouvoir, à leur tour, prêter de l’argent aux entreprises et aux particuliers.

Les banques commerciales fixent les taux d’intérêt qu’elles proposent à leurs clients sur base de ce taux directeur, qui a donc un impact sur les crédits hypothécaires, les crédits à la consommation, les dépôts d’épargne, etc.

Évolution des taux des crédits hypothécaires ces dernières années

Durant toute l’année 2022 et les 10 premiers mois de 2023, les taux d’intérêt des prêts hypothécaires n’ont cessé d’augmenter. Après avoir atteint à l’automne 2023 un sommet inédit depuis 2014, ils ont entamé une baisse progressive jusqu’à fin février 2025. Et à partir de mars 2025, ils sont repartis à la hausse de façon quasi permanente au fil de l’année 2025.

Ainsi, selon le baromètre Immotheker-Finotheker, le taux d’intérêt moyen d’un crédit hypothécaire sur 20 ans à taux fixe en Belgique (pour un crédit de 250 000 € et en cas d’apport personnel d’au moins 20 % de la valeur du bien) est passé de 3,73 % en octobre 2023, à 2,91 % fin février 2025. Et début décembre 2025, il s’élevait à 3,61 %.

Evolution des taux des prêts hypothécaires
Année / début décembre
Taux d’intérêt moyen – apport personnel ≥ 20%
Taux d’intérêt moyen – apport personnel < 20%
2021
2021 1,36 % 1,59 %
2022
2022 3,29 % 3,51 %
2023
2023 3,63 % 3,77 %
2024
2024 3,06 % 3,11 %
2025
2025 3,61 % 3,64 %

Source : Baromètre Immotheker-Finotheker

Le taux fixe constitue la formule classique pour un crédit hypothécaire dans notre pays. Selon l’European Mortgage Federation (EMF), 96 % des Belges optent pour ce type de taux.

Augmentation des demandes de prêts hypothécaires

Au premier trimestre de 2025, la baisse des taux d’intérêt a porté ses fruits : selon Febelfin, le nombre de demandes de prêts hypothécaires a augmenté de 17 % par rapport à la même période en 2024. Au deuxième trimestre, cette augmentation était encore de 7,7 % et la tendance positive s'est poursuivie au troisième trimestre, avec une augmentation d’environ 6,7 %.

Taux d’intérêt des crédits hypothécaires : prévisions pour 2026

Vous souhaitez connaître les prévisions concernant les taux hypothécaires en 2026 ? Vous vous demandez si vous pourrez emprunter à un taux plus avantageux cette année ? Voici un aperçu des prévisions des experts pour 2026.

Les prévisions des experts pour 2026

Plusieurs prévisions récentes indiquent que les taux hypothécaires belges devraient légèrement baisser en 2026.

Des institutions telles que la Banque centrale européenne (BCE) et le Bureau fédéral du Plan s'attendent à ce que les prix augmentent moins rapidement qu'auparavant. La BCE estime que l'inflation devrait diminuer à 1,7 % en 2026 et, selon le Bureau fédéral du Plan, elle atteindrait même 1,4 % en Belgique (contre 2,5 % en moyenne en 2025). Si les prix augmentent moins rapidement, les banques centrales ont moins de raisons de maintenir des taux d'intérêt élevés. Ce qui aura pour effet de rendre les prêts, tels que les prêts hypothécaires, globalement un peu moins coûteux.

L'économie semble également se stabiliser. La BCE prévoit pour 2026 une croissance stable mais modérée. Il ne faut donc s’attendre à aucune surprise majeure susceptible de faire grimper les taux d'intérêt.

Nombre d’experts estiment donc que les taux des prêts hypothécaires pourraient baisser lentement, avec une diminution de l’ordre de 0,4 à 0,8 % à la fin 2025.

Il faut toutefois rester prudent. Les taux d'intérêt peuvent évoluer rapidement en raison d'événements imprévus tels que tensions géopolitiques, hausses des prix de l'énergie ou chocs économiques. Des évolutions de ce type peuvent relancer l'inflation, entraînant une hausse des taux d'intérêt.

Cependant, la plupart des signaux vont dans le même sens : en 2026, les taux hypothécaires en Belgique devraient légèrement baisser et rester relativement stables.

Conseils aux acheteurs et investisseurs immobiliers pour 2026

Vous souhaitez acheter une maison ou un appartement en 2026 ? Dans ce cas, la prévision d'une légère baisse des taux d'intérêt et de stabilisation de l’économie est une bonne nouvelle. Qui dit taux d'intérêt plus bas dit diminution des mensualités, et donc une plus grande marge de manœuvre financière.

Et même si vous avez déjà acheté un bien immobilier, vous avez tout intérêt à suivre l'évolution des taux hypothécaires, car une révision de votre taux hypothécaire pourrait s'avérer intéressante en 2026.

Renégocier ou non votre crédit hypothécaire dépend de votre situation et nécessite un calcul financier. Tout dépend en effet des conditions auxquelles vous avez emprunté, sans négliger les frais liés à un changement de formule de crédit.

Quoiqu’il en soit, veillez à bien vous informer et à demander conseil à des professionnels avant de vous lancer.

Qu’est-ce qui influence les taux d’intérêt des crédits hypothécaires ?

L’évolution des taux d’intérêt des crédits hypothécaires et des taux d’intérêt de l’épargne est influencée par plusieurs facteurs, à commencer par les politiques monétaires des banques centrales nationales et internationales ; c’est-à-dire, pour la Belgique, la Banque nationale de Belgique (BNB) et la Banque centrale européenne (BCE). La BNB est la banque centrale de notre pays. Elle fait partie, avec la BCE et les autres banques centrales européennes qui ont adopté l’euro, de l’Eurosystème.

D’autres facteurs influencent aussi les taux d’intérêt pour les personnes qui souhaitent contracter un prêt hypothécaire ou pour les épargnants : l’inflation, la conjoncture économique, l’offre et la demande de crédits (c’est-à-dire ce que les particuliers et les entreprises souhaitent dépenser ou investir) ou encore la situation sur les marchés financiers.

La politique monétaire de la BCE : un impact déterminant sur les taux hypothécaires

En tant que banque centrale de la zone euro, le rôle de la BCE est de maintenir la stabilité des prix dans cette zone. Toutes les six semaines, le Conseil des Gouverneurs de la BCE, dont fait partie le Gouverneur de la BNB, analyse la situation économique de la zone et les taux d’intérêt directeurs.

La BCE dispose de trois taux directeurs : le taux des opérations principales de refinancement, le taux de la facilité de dépôts et le taux de la facilité de prêt marginal. Le taux des opérations principales de refinancement est le taux d’intérêt auquel les banques commerciales empruntent à la BCE leurs liquidités pour se financer. C’est l’outil principal de la BCE pour réguler l’inflation.

C’est en effet en fonction de ce taux directeur que les banques commerciales fixent les taux d’intérêt qu’elles appliquent aux entreprises et aux particuliers qui leur empruntent de l’argent. L’augmentation ou la diminution de ce taux directeur a un impact sur l’ensemble de l’économie, notamment sur les prêts hypothécaires, les crédits à la consommation, les taux de dépôts ou d’autres instruments de placement, etc.

Lorsque le taux directeur est bas, les taux d’intérêts octroyés par les banques diminuent. C’est une bonne nouvelle pour les candidats au crédit hypothécaire… et une moins bonne pour les épargnants.

Comment les taux d’intérêt directeurs de la BCE agissent-ils sur l’inflation ?

Pour une économie en bonne santé, les politiques monétaires des banques centrales visent une hausse du niveau général des prix (c’est-à-dire une inflation) régulière mais modérée. Dans ce cadre, la BCE a pour objectif une progression de l'inflation dans la zone euro de l'ordre de 2 % par an.

Lorsque la demande de produits et services est plus importante que l’offre, les prix augmentent : il y a inflation. Si l’inflation devient trop élevée, la BCE relève ses taux d’intérêt directeurs. À l’inverse, si la demande de produits et services stagne ou diminue, elle baisse ses taux directeurs afin de maintenir l’inflation. Ce faisant, elle rend le crédit moins cher, ce qui encourage les dépenses et les investissements, et relance l’économie.

Les différents types de taux hypothécaires

Lorsque vous contractez un prêt hypothécaire, différents types de taux sont possibles : taux fixe, taux variable, taux semi-fixe ou taux accordéon.

  • Dans un crédit hypothécaire à taux fixe, le taux d’intérêt hypothécaire reste identique pendant toute la durée de votre prêt, peu importe l’évolution du marché. Si les taux d’intérêt augmentent sur le marché, votre taux ne bougera pas. Mais s’ils diminuent, il ne bougera pas non plus. C’est la formule la plus conservatrice, et ce taux est en général plus élevé. Il est à privilégier lorsque les taux sont bas et si vous souhaitez prendre le moins de risques.
  • En cas de crédit hypothécaire à taux variable, votre taux initial est revu au bout d’une période contractuellement donnée (un an, 3 ans, 5 ans…). Il peut être adapté par votre banque ou votre organisme de crédit, dans une certaine limite, à la hausse ou à la baisse en fonction de l’évolution du marché.
  • En cas de prêt à taux semi-fixe, vous remboursez d’abord votre emprunt hypothécaire avec un taux d’intérêt fixe. Après un certain temps, ce taux est revu selon une périodicité définie.
  • Le taux accordéon garantit le même taux pour toute la durée de votre crédit hypothécaire. Pour pallier les variations de taux du marché, cette formule raccourcit ou allonge, dans une certaine limite, la durée de votre remboursement.

Quelles conditions pour obtenir un prêt hypothécaire ?

Si vous contactez une banque ou un organisme de crédit afin de demander un prêt pour acheter un bien immobilier ou effectuer une rénovation, cet organisme va d’abord examiner votre situation financière. En fonction de celle-ci, il déterminera si vous pouvez emprunter et à quelles conditions.

Cette analyse permet à la banque de s’assurer qu’elle limite les risques en vous prêtant de l’argent et que vous serez en mesure de rembourser votre prêt hypothécaire. Plusieurs facteurs sont pris en compte : la valeur du bien immobilier, vos revenus, votre situation personnelle (par exemple, seul ou en couple, avec ou sans enfant à votre charge, etc.) et vos dettes éventuelles (par exemple si vous avez un autre emprunt en cours).

En Belgique, cette évaluation de votre solvabilité est requise par la loi : l’organisme de crédit est obligé de la réaliser et de votre côté, vous devez lui donner les informations nécessaires pour évaluer votre solvabilité. Si cette étape est importante pour l’organisme prêteur, elle l’est aussi pour vous car elle évite que vous ne vous engagiez dans un plan de remboursement que vous ne pourriez pas tenir. En cas d’évaluation négative, la loi exige que l’organisme financier vous refuse le crédit.

Destiné à acheter un bien immobilier, un prêt hypothécaire est garanti par ce bien. Autrement dit, si vous ne remplissez pas vos obligations de remboursement, la banque ou l’organisme de crédit peut saisir le bien pour le revendre et rembourser ainsi le prêt.

Bon à savoir si vous demandez un prêt hypothécaire

Avant de contacter un organisme de crédit, vous pouvez vous-même faire une simulation de prêt hypothécaire, par exemple sur le simulateur immobilier de Wikifin ou celui de Test-Achats.

À la soumission de son offre, la banque ou l’organisme de crédit doit vous communiquer la fiche européenne d’information standardisée (FEIS). Il s’agit d’un document standardisé au niveau de l’Union européenne, qui vise à vous communiquer des informations complètes sur le prêt hypothécaire qui vous est proposé et donc aussi à comparer plusieurs offres. La FEIS comprend des informations telles que : le montant du prêt, sa durée, le taux d’intérêt appliqué, le taux annuel effectif global (TAEG) ‒ c’est-à-dire le coût total du prêt exprimé en pourcentage annuel ‒, le nombre, la périodicité et le montant de vos versements, etc.

La fiche européenne d’information standardisée est destinée aux crédits immobiliers. Un document similaire existe aussi pour les crédits à la consommation : la fiche SECCI.

Quels autres facteurs peuvent influencer le coût de votre prêt hypothécaire ?

Outre les taux directeurs, plusieurs facteurs peuvent influencer le coût de votre prêt hypothécaire. Parmi ceux-ci, le plus important est lié au montant que vous devez emprunter par rapport au prix d’achat de votre bien immobilier ; c’est-à-dire la « quotité empruntée » ou pourcentage que représente votre prêt hypothécaire par rapport à la valeur du bien.

La Banque nationale de Belgique recommande aux banques et organismes de crédit d’exiger de l’emprunteur un apport personnel d’au moins 10 % de la valeur du bien. Et dépasser ce pourcentage, donc emprunter plus de 90 % de la valeur du bien, peut faire rapidement monter votre taux d’intérêt hypothécaire.

Par ailleurs, plus votre profil d’emprunteur présente des risques (liés, par exemple, à votre salaire, votre situation familiale, vos dettes...), plus la banque ou l’organisme de crédit prendra des garanties. Autrement dit, plus votre taux d’intérêt hypothécaire sera élevé. Avoir une bonne réserve d’épargne, d’autres biens immobiliers ou des actions contribue à améliorer votre profil et à rassurer le prêteur.

Quelles autres conditions peut-on vous demander pour un crédit hypothécaire ?

Un prêt hypothécaire est souvent assorti de conditions, comme la domiciliation de votre salaire sur un compte de la banque où vous contractez votre emprunt. Ces conditions peuvent aussi jouer sur le coût de votre crédit hypothécaire.

La banque peut aussi vous proposer – ou exiger – de prendre chez elle une assurance « solde restant dû », qui couvre votre prêt hypothécaire et y est liée (et que vous ne pouvez donc pas résilier comme vous voulez).

Conseils si vous envisagez un crédit hypothécaire

Si vous envisagez un prêt hypothécaire, vous trouverez de nombreuses informations sur le site internet Wikifin, une initiative de l’Autorité des services et marchés financiers (la FSMA). Ce site vous propose aussi une série de conseils utiles, dont voici les principaux :

  • Pour éviter de vous endetter de manière trop importante, tenez compte de vos capacités financières. Et respectez ces deux règles : apportez au moins 10 % de la valeur d’achat de votre bien immobilier grâce à votre épargne personnelle (ou l’aide de vos proches le cas échéant) ; et veillez à ce que votre remboursement mensuel ne dépasse pas (environ) un tiers de vos revenus.
  • Vérifiez aussi si vous avez droit aux tarifs sociaux. Ces aides diffèrent selon que votre habitation se situe en Région wallonne, à Bruxelles ou en Flandre.
  • N’oubliez pas de prendre en compte les autres frais liés à votre achat immobilier ‒ droits d’enregistrement, assurance solde restant dû, assurance incendie, précompte immobilier, etc. ‒ et qui s’ajouteront à vos dépenses (annuelles ou uniques).
  • Les droits d’enregistrement diffèrent selon les régions du pays. Depuis le 1er janvier 2025, pour l’achat d’une habitation propre et unique, ils s’élèvent à 3 % du prix du bien en Wallonie et à 2 % en Flandre. En Région de Bruxelles-Capitale, par contre, les droits d’enregistrement s’élèvent toujours à 12,5 %.
  • Une fois propriétaire, vous devrez payer chaque année le précompte immobilier. Cette taxe, calculée sur base du revenu cadastral, est un impôt régional et est assortie d’une taxe communale (les « centimes additionnels »). Le coût du précompte immobilier diffère donc selon la localisation du bien. Pour toute question en la matière, vous pouvez contacter le SPW Finances (Wallonie), Bruxelles-Fiscalité (Bruxelles) ou le Vlaamse Belastingdienst (Flandre).

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